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Janvier : arrêter de se faire violence

En janvier, les injonctions reviennent en force.

Nouvelle année, nouveau départ. Il faudrait faire le bilan de l’année passée, se fixer des objectifs plus ambitieux, plus performants, plus rentables.
Il faudrait mieux manger, perdre les kilos des fêtes, se remettre au sport, se reprendre en main.


Mais quand on regarde la réalité de beaucoup de personnes, il y a un décalage profond.
Nous ne sommes pas des applications à optimiser en permanence. Nous n’avons pas besoin d’être corrigées ou performantes pour être légitimes.

Quand l'hiver intérieur est déjà là

Pour beaucoup, le bilan a déjà été fait. Intérieurement, il commence souvent bien avant janvier, parfois dès décembre, quand on entre dans l’hiver.


Dans mon vécu – et déjà quand j’étais infirmière – les fêtes de fin d’année sont rarement une période légère pour tout le monde. C’est un moment où la solitude se fait plus présente, où les fragilités ressortent, où le moral est parfois en berne. Et quand on reçoit, la charge mentale est
souvent immense : organiser, penser à tout, faire en sorte que tout soit “comme il faut”.

Le corps, lui aussi, arrive fatigué

Alors, quand juste après, on nous demande de repartir à fond, de performer, de nous “reprendre
en main”, le contraste est violent.


À cela s’ajoute la réalité très concrète du corps. Les repas s’enchaînent, parfois nombreux,
parfois riches. Et à peine janvier commencé, arrivent la galette des rois, puis la Chandeleur. La
digestion est sollicitée en continu.


Résultat : fatigue accumulée, charge mentale encore bien présente, ventre lourd, corps et
mental à bout de souffle.

Détox

Dans ce contexte, on entend beaucoup parler de “détox”. Mais la détox n’est pas toujours la
réponse.


Notre organisme sait faire. Le corps se détoxifie naturellement, tous les jours, et surtout la nuit.
Le foie fait déjà son travail dans la grande majorité des cas.


La vraie question à se poser avant toute chose est simple : dans quel état de fatigue êtes-vous ?


Quand on est déjà épuisée, une détox peut devenir une contrainte supplémentaire. Ce qui est
présenté comme un soutien peut, en réalité, fragiliser davantage.


Ce dont le corps a surtout besoin, ce n’est pas d’être brusqué, mais d’être soutenu, avec bon
sens et douceur.

​

  • Des tisanes digestives après les repas

  • Des bouillons, des soupes

  • Des repas plus légers et plus simples

  • Une bouillotte tiède sur le foie le soir

  • Manger plus lentement

  • Se reposer davantage


Rien de radical. Rien de punitif. Juste de l’écoute.

Saison / douceur

Janvier est encore pleinement dans l’hiver. Dans la nature, ce n’est pas un temps d’expansion,
mais un temps d’intériorité, de ralentissement, de repos. Le renouveau ne se fait pas en plein
hiver.


Alors peut-être qu’en janvier, au lieu de chercher à devenir une “meilleure version de soi-même”,
on pourrait changer de regard.


S’accorder du temps. S’accorder de l’espace. S’accorder du repos.


Peut-être que le plus juste, à ce moment-là, est simplement de se traiter avec la même douceur
que celle que l’on offre aux autres. Se tendre la main à soi-même. Ne pas faire plus. Faire juste.

Conclusion

​Prendre soin de soi n’est pas une question de volonté ni de performance. C’est avant tout une
question de rythme, d’écoute et de respect.


Si janvier est une période difficile pour vous, il n’y a rien d’anormal à cela. Le corps et le mental
ont parfois simplement besoin de repos, de chaleur et de simplicité.


Respecter son rythme n’est pas un renoncement. C’est une base de santé, de stabilité et
d’équilibre

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